Dans le cadre du projet PAIRIAC financé par Union Européenne, la Wildlife Conservation Society a organisé deux forums communautaires du 17 au 18 mars 2026 à Miamani et du 21 au 23 mars à Akroubssoulbak. Ces localités, marquées par une forte activité de transhumance, figurent également parmi les zones où les conflits entre éleveurs transhumants et communautés locales sont les plus fréquents.

L’objectif de ces rencontres était de créer des espaces de dialogue inclusifs réunissant communautés hôtes, éleveurs et autorités locales, afin de prévenir les tensions, promouvoir une transhumance pacifique et encourager la gestion durable des ressources naturelles. Les discussions ont également porté sur la cohabitation pacifique, la gestion des conflits liés à la mobilité pastorale et la prévention des feux de brousse mal maîtrisés.
À Miamani, plus de 500 personnes se sont rassemblées sur la place publique pour participer aux échanges. Agriculteurs, éleveurs transhumants et autorités locales ont pu s’exprimer librement sur les difficultés rencontrées et les solutions à envisager.
« Nous sommes venus vous écouter. Écouter ce que vous avez à nous dire et à nous proposer afin que nous puissions travailler la main dans la main pour qu’éleveur transhumant et agriculteurs s’entendent et qu’ensembles nous préservions les ressources de nos parcs. Ce n’est pas pour l’intérêt de WCS, mais pour votre bien. L’eau et la forêt, c’est pour vous et votre avenir », a déclaré Aime Sambo, Assistant Transhumant de WCS RCA.
Du côté des communautés locales, les préoccupations restent vives, notamment en ce qui concerne les dégâts causés aux cultures. « Nous rencontrons d’énormes difficultés avec les éleveurs qui détruisent nos champs. S’il n’y a pas de céréale que ferons-nous ? Nous souhaitons que les éleveurs partent loin de nos champs », a plaidé Therese Nando, présidente de l’antenne de l’Association des femmes centrafricaines de Tiri.
Les éleveurs, pour leur part, appellent à la paix et à la compréhension mutuelle. « Nous sommes tous des frères. Nous ne voulons que la paix. Rien d’autre que la paix », a affirmé Saidou, éleveur transhumant de Miamani.
À Akroubssoulbak, le ton est également à l’apaisement malgré les incompréhensions persistantes. « Avant de venir sur votre terre, nous avions chaud. Mais depuis que nous sommes chez vous, nous sommes tranquilles malgré les petites incompréhensions. Nous sommes reconnaissants pour votre hospitalité », a témoigné Amadou Bello, éleveur transhumant originaire du Soudan.

Les autorités nationales ont saisi l’occasion pour rappeler leur engagement dans l’encadrement de la transhumance. « Au regard de tous les efforts consentis par le gouvernement, je voudrais vous rappeler que la recréation est terminée. Le ministère de l’élevage est engagé à jouer son rôle premier de responsable de la Transhumance », a martelé Amadou Dairou, Directeur de la planification au Ministère de l’Élevage et de la Santé Animale.
Ces forums ont permis aux différentes parties prenantes d’exprimer leurs préoccupations et de mieux cerner les défis qui affectent la cohésion sociale. Le partenariat entre WCS, Concordis et l’Union Européenne a été salué par les participants pour sa contribution à la gestion de la transhumance transfrontalière et au développement durable en République centrafricaine.
